{"id":19,"date":"2005-05-05T09:51:37","date_gmt":"2005-05-05T07:51:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/?p=19"},"modified":"2005-05-05T09:51:37","modified_gmt":"2005-05-05T07:51:37","slug":"une-histoire-scolaire-dhenouville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/?p=19","title":{"rendered":"Une histoire scolaire d&rsquo;H\u00e9nouville."},"content":{"rendered":"<p><em>(Texte de 1887 r\u00e9dig\u00e9 par M. Lemarchand, instituteur.)<\/em><\/p>\n<p><strong>Notice sur la commune d&rsquo;H\u00e9nouville, au point de vue de l&rsquo;enseignement primaire.<\/strong><\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/images\/marchand1.jpg\" alt=\"texte de M Lemarchand\" \/><\/div>\n<p>Aucune \u00e9tude peut-\u00eatre au XIX\u00e8me si\u00e8cle n&rsquo;a fait autant de progr\u00e8s ni jet\u00e9 un \u00e9clat aussi vif que celle de l&rsquo;Histoire. Les Thiers, les Augustin Thierry, les Henri Martin, les Louis Blanc, sans compter les autres creusant son vaste champ, l&rsquo;ont illustr\u00e9 et rempli de leurs incomparables travaux. <\/p>\n<p>Il semble d&rsquo;abord que ces rudes moissonneurs ont tout recueilli et n&rsquo;ont rien laiss\u00e9 \u00e0 glaner derri\u00e8re eux, pourtant si l&rsquo;on veut r\u00e9fl\u00e9chir, le modeste ouvrier peut encore, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, d&rsquo;eux se cr\u00e9er un r\u00f4le que, pour \u00eatre plus circonscrit n&rsquo;en a pas moins son utilit\u00e9 relative. Abandonnant les hauts et larges aper\u00e7us des si\u00e8cles, il est bon parfois de fouiller les coins ignor\u00e9s, d&rsquo;analyser les chroniques intimes et d&rsquo;amasser ainsi des documents qui doivent aider la grande histoire synth\u00e9tique et compl\u00e8te ses enseignements par des d\u00e9tails nouveaux et in\u00e9dits. C&rsquo;est dans cet esprit qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 entreprise la pr\u00e9sente \u00e9tude sur l&rsquo;histoire scolaire de la commune d&rsquo;H\u00e9nouville, humble pierre de courtes dimensions jet\u00e9e dans le vaste \u00e9difice historique avec l&rsquo;espoir que sa place, pour \u00eatre petite, n&rsquo;en sera pas moins utile \u00e0 l&rsquo;oeuvre g\u00e9n\u00e9rale. <\/p>\n<p>H\u00e9nouville (H\u00e9noville et Hainoville, c&rsquo;est \u00e0 dire le manoir d&rsquo;H\u00e9nou, commune situ\u00e9e au bord de la Seine sur des hauteurs de 120 m\u00e8tres d&rsquo;altitude fait partie du canton de Duclair; elle mesure 1088 hectares de superficie et au recensement de 1886 accuse une population de 498 habitants, enti\u00e8rement agricole et desservie au point de vue de l&rsquo;instruction par une \u00e9cole mixte \u00e9tablie \u00e0 la mairie. <\/p>\n<p>Le plus ancien document qui ait surv\u00e9cu sur les origines de cette \u00e9cole, ou plut\u00f4t sur les \u00e9coles qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e remonte au r\u00e8gne de Fran\u00e7ois 1er et est renferm\u00e9e dans les statuts et ordonnances de la confrairie anciennement fond\u00e9e, \u00e9rig\u00e9e en l&rsquo;\u00e9glise paroissiale de St Michel d&rsquo;H\u00e9nouville, doyenne de St Georges, renouvel\u00e9e en l&rsquo;an 1518 le 28 Septembre, sous Georges II d&rsquo;Amboise. Voici ce qu&rsquo;il \u00e9tait dit \u00e0 l&rsquo;article 15: <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est ordonn\u00e9 que le ma\u00eetre sera tenu pendant son ann\u00e9e de service, apr\u00e8s en avoir conf\u00e9r\u00e9 avec le cur\u00e9 de faire r\u00e9parer, si besoin est, aux d\u00e9pens de la confrairie, la maison d&rsquo;icelle confrairie qui est proche le cimeti\u00e8re o\u00f9 seront log\u00e9s le vicaire et le chapelain de la dite paroisse, sans en rien payer, qui tiendront les petites \u00e9colles et instruiront les enfants auxquels seront fournis quelques meubles, aux d\u00e9pens de la dite confrairie, si elle en a le moyen, lesquels meubles leur ayant \u00e9t\u00e9 baill\u00e9s pour compte, ils les vendront quand besoin sera.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>De cette ordonnance ressort que c&rsquo;est la confrairie de St Michel qui prend \u00e0 sa charge l&rsquo;enseignement des petites \u00e9coles fournissant le logement et les meubles au chapelain et au vicaire qui les instituteurs de l&rsquo;\u00e9poque, ceux-ci d&rsquo;ailleurs n&rsquo;ayant pour tout salaire en \u00e9change de leurs soins aux enfants, que la jouissance gratuite du logement qui portait d&rsquo;ailleurs le nom de maison vicariale. <\/p>\n<p>Cette situation se poursuit sans changement jusque vers le milieu du XVIII\u00e8me si\u00e8cle \u00e9poque \u00e0 laquelle se place un incident des plus int\u00e9ressants, qui montre une fois de plus combien les rivalit\u00e9s et jalousies d&rsquo;amour propre ont d&#8217;emprise sur les hommes pour emp\u00e9cher le bien de se faire. <\/p>\n<p>Une dame de Barville, touch\u00e9e des inconv\u00e9nients qu&rsquo;occasionne la fr\u00e9quentation d&rsquo;une m\u00eame \u00e9cole simultan\u00e9ment des gar\u00e7ons et des filles, mue d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 par un sentiment de compassion pour les pauvres malades, prit la r\u00e9solution de consacrer dix mille livres \u00e0 l&rsquo;entretien d&rsquo;une soeur d&rsquo;Ernemont qui devait tenir les petites \u00e9coles de filles et concourir en m\u00eame temps au soulagement des malades. <\/p>\n<p>La religieuse fut install\u00e9e en 1775; son \u00e9cole devient vite prosp\u00e8re et r\u00e9unit rapidement jusqu&rsquo;\u00e0 80 \u00e9coli\u00e8re. Malheureusement cela ne devait pas durer longtemps: la soeur dut partir d\u00e8s le milieu de l&rsquo;ann\u00e9e suivante par suite de l&rsquo;opposition de deux seigneurs de la paroisse dont l&rsquo;un prit la peine de faire d\u00e9clarer par signification qu&rsquo;une soeur \u00e9tait tr\u00e8s inutile \u00e0 H\u00e9nouville et une source de troubles. Et pour se donner raison, pour r\u00e9aliser leur proph\u00e9tiques accusations, ces deux opposants s\u00e8ment le d\u00e9saccord dans la paroisse en cherchant des difficult\u00e9s au v\u00e9n\u00e9rable cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville qui est l\u00e0 depuis plus de 20 ans et qui dit, dit la chronique, n&rsquo;a fait aucune peine \u00e0 personne. <\/p>\n<p>L&rsquo;histoire a conserv\u00e9 le nom de ces tyranneaux de village: ce sont MM Richomme, seigneur et haut justicier d&rsquo;H\u00e9nouville, conseiller au parlement de Rouen et de la Granderie, seigneur du Bellay, chevalier de l&rsquo;ordre militaire royal de St Louis. M\u00e9contents de ce que le Sr Cur\u00e9 a remerci\u00e9 le 15 Juin 1776 son vicaire, leur prot\u00e9g\u00e9, ils machinent ensemble le moyen de le mortifier. Le 2 Septembre ils s&rsquo;assemblent clandestinement chez Me Pichot, avocat, demeurant \u00e0 H\u00e9nouville, dressent une sorte d&rsquo;\u00e9crit qu&rsquo;ils signent en faveur du vicaire, le portent dans les maisons et le font signer dans le but de se faire des pros\u00e9lytes et d&rsquo;indisposer les esprits contre le cur\u00e9. <\/p>\n<p>Puis M. Richomme, de concert avec le tr\u00e9sorier en exercice fait signifier au Sr Cur\u00e9 le 14 Septembre 1776 de proclamer une assembl\u00e9e de tr\u00e9soriers pour d\u00e9cider ce que l&rsquo;on ferait de la maison vicariale. Par contre le m\u00eame jour, il fait signifier au vicaire, son prot\u00e9g\u00e9, une d\u00e9fense de sortir de la maison vicariale \u00ab\u00a0le tout, dit l&rsquo;analiste du temps, sans en parler au Sr Cur\u00e9\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9 M. de la Granderie demande la location de la maison vicariale. Apr\u00e8s divers incidents o\u00f9 le cur\u00e9 ne manque pas l&rsquo;occasion d&rsquo;affirmer le droit de la confr\u00e9rie sur la maison vicariale qui sert aux petites \u00e9coles, droit reconnu par Georges d&rsquo;Amboise en 1518 et Fran\u00e7ois de Harlay en 1643, la dite maison mise aux ench\u00e8res le 17 Janvier 1777 reste sans \u00eatre adjug\u00e9e. Le cur\u00e9 adresse alors une requ\u00e8te au procueur g\u00e9n\u00e9ral pour obtenir qu&rsquo;il soit ordonn\u00e9 au Sr Hellot tr\u00e9sorier en exercice de remettre les clefs du vicariat aux mains du vicaire du cur\u00e9 \u00ab\u00a0pour y tenir, est-il dit textuellement, les petites \u00e9coles comme il est d&rsquo;usage depuis 250 ans sans interruption ainsi que la jouissance des fruits du cimeti\u00e8re.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Dans l&rsquo;intervalle, d\u00e8s le 8 D\u00e9cembre 1776 un particulier, sans en parler au cur\u00e9, avait affich\u00e9 qu&rsquo;il tiendrait les petites \u00e9coles aux gar\u00e7ons et aux filles et avait ouvert une \u00e9cole. Mais il semble qu&rsquo;\u00e0 la suite de tous ces incidents le calme s&rsquo;\u00e9tant fait cette entreprise priv\u00e9e ne d\u00fbt pas continuer et que les petites \u00e9coles revinrent comme par le pass\u00e9 aux bons soins des vicaires jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9volution. <\/p>\n<p>Il faut pourtant signaler deux ans avant les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux le 7 Octobre 1787 la nomination d&rsquo;un syndic Jean-Martin Duparc qui avec le seigneur et le cur\u00e9 composent l&rsquo;assembl\u00e9e municipale. Toutefois il doit leur \u00eatre adjoint six membres dit l&rsquo;ordonnance, car la paroisse compte 158 feux. Le 14 F\u00e9vrier 1790, en vertu de nouvelles institutions, Thomas Boulenger est \u00e9lu Maire. Le cur\u00e9 d&rsquo;alors est un Sr Rousselin, et c&rsquo;est le vicaire Leroux qui sert de secr\u00e9taire et de ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole. Il remplit ces fonctions jusqu&rsquo;au 15 Mars 1793, \u00e9poque \u00e0 laquelle il s&rsquo;enr\u00f4le sous les drapeaux pour remplacer un M. Desabyes, fils de veuve, tomb\u00e9 au sort pour le contingent de la commune (1). Mais il ne veut pas renoncer \u00e0 ses fonctions et le 25 Mars il d\u00e9clare qu&rsquo;il n&rsquo;entend nullement faire la d\u00e9mission de sa place de secr\u00e9taire et de ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole et que les personnes qui rempliront ces deux emplois n&rsquo;y seront que par interim. <\/p>\n<p>Ceci se passait sous l&rsquo;administration de J-M Duparc qui avait \u00e0 la suite de l&rsquo;\u00e9lection de 17792 succ\u00e9d\u00e9 au maire Boulenger. <\/p>\n<p>Dans la tourmente r\u00e9volutionnaire, il y a lieu de croire que le vicaire Leroux ne fut pas remplac\u00e9 et que l&rsquo;\u00e9cole demeura ferm\u00e9e. Voici d&rsquo;ailleurs la liste des maires qui ont adminitr\u00e9 la commune depuis cette \u00e9poque: <\/p>\n<p>1800 Romain Lemarchand<br \/>\n1819 Thomas Leriche<br \/>\n1826 Pierre Boulenger<br \/>\n1830 le Baron de Schonen<br \/>\n1834 Pierre Moulin<br \/>\n1840 Daviel<br \/>\n1848 J. Duparc<br \/>\n1874 J. Letourneur<br \/>\n1884 Jean Darcel <\/p>\n<p>La liste des instituteurs qui devrait accompagner celle des maires est plus difficile \u00e0 reconstituer. D&rsquo;apr\u00e8s les souvenirs des vieillards de la commune, au sortir de la r\u00e9volution, ce fut un fabricant de bas d&rsquo;estame qui se chargea de la r\u00e9ouverture de l&rsquo;\u00e9cole, il se nommait Pierre Ren\u00e9ville. Il eut pour successeur un ancien douanier du nom de Pinson qui instruisait les enfants jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils puissent aller \u00e0 une v\u00e9ritable \u00e9cole (\u00e0 la Vaupali\u00e8re ou \u00e0 Roumare). Apr\u00e8s Pinson c&rsquo;est un instituteur titulaire, M. Hamelin qui prend l&rsquo;\u00e9cole en 1842 peu de temps avant la construction de la mairie actuelle qui a eu lieu en 1845. M. hamelin resta \u00e0 H\u00e9nouville jusqu&rsquo;en 1856. Il fut remplac\u00e9 par M. Martin qui ne demeura qu&rsquo;un an. M. Langlois nomm\u00e9 en 1857 pour lui succ\u00e9der instruisit les enfants jusqu&rsquo;en 1871. Ce fut M. Lemarchand, l&rsquo;instituteur actuel et le signataire de la pr\u00e9sente \u00e9tude qui fut d\u00e9sign\u00e9 pour le remplacer. <\/p>\n<p>Il est \u00e0 remarquer en terminant cette nomenclatureque l&rsquo;\u00e9cole, malgr\u00e9 la tentative de Mme de B&#8230; est demeur\u00e9e mixte jusqu&rsquo;\u00e0 notre \u00e9poque. Un dernier fait historique \u00e0 signaler enfin, c&rsquo;est la construction en 1886 d&rsquo;une nouvelle salle d&rsquo;\u00e9cole, toujours attenante \u00e0 la mairie mais beaucoup plus spacieuse et mieux dispos\u00e9e que l&rsquo;ancienne due \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de M. Jean Darcel, Maire. Monsieur le Pr\u00e9fet de la Seine Inf\u00e9rieure toujours attentif au progr\u00e8s de ce qui touche \u00e0 l&rsquo;instruction a bien voulu en Octobre dernier compl\u00e9ter l&rsquo;oeuvre de M. Darcel par une subvention de quatre cents francs pour renouveler et compl\u00e9ter le mobilier scolaire. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 dans tous ses d\u00e9tails connus, l&rsquo;histoire scolaire de la commune d&rsquo;H\u00e9nouville. A d&rsquo;autres le soins d&rsquo;\u00e9tablir son histoire arch\u00e9ologique, religieuse, topographique ou autre. Pourtant il me semble que quelques mots sur les souvenirs litt\u00e9raires qui se rattachent au pays ne seraient pas d\u00e9plac\u00e9s dans une \u00e9tude sur l&rsquo;historique de l&rsquo;instruction. Ils seront d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s brefs, ainsi qu&rsquo;on le comprendra ais\u00e9ment sans pourtant, croyons-nous \u00eatre d\u00e9pourvus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. <\/p>\n<p>Il convient de citer d&rsquo;abord le passage \u00e0 H\u00e9nouville du c\u00e9l\u00e8bre abb\u00e9 du Resnel, de l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise et de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Inscriptions, pr\u00e9dicateur, traducteur et r\u00e9dacteur du Journal des Savants, mort en 1761. Sa famille avait fait b\u00e2tir \u00e0 H\u00e9nouville vers 1630 le ch\u00e2teau du Bellay (aujourd&rsquo;hui tombant en ruines) que le fameux abb\u00e9 poss\u00e9da et vint habiter plus tard. <\/p>\n<p>Un autre habitant d&rsquo;H\u00e9nouville, c\u00e9l\u00e8bre par ses charges et ses ouvrages, plus c\u00e9l\u00e8bre encore par ses amis fut le cur\u00e9 Legendre N\u00e9 au Vaudreuil (Eure) en 1590, aum\u00f4nier de Louis XIII, controleur des ses jardins fruitiers et cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville de 1622 \u00e0 1665, il obtint de son royal ma\u00eetre la concession de douze arpents de bois au bord de la for\u00eat de Roumare o\u00f9 il sut \u00e9tablir un vignoble dont on voit encore les traces. <\/p>\n<p>Horticulteur distingu\u00e9, Antoine Legendre composa \u00e0 H\u00e9nouville un trait\u00e9 sur la culture des arbres fruitiers, aussi rare qu&rsquo;estim\u00e9, publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1652, r\u00e9imprim\u00e9 \u00e0 Paris, \u00e0 Rouen et \u00e0 Lyon (5 \u00e9ditions en 35 ans) et m\u00eame traduit en anglais. Il y popularisa le premier la culture en espalier et la greffe du poirier sur cognassier. <\/p>\n<p>Un proc\u00e8s que ce cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville eut \u00e0 soutenir ne fut termin\u00e9 que gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de Louis XIII. Ce fut problablement \u00e0 l&rsquo;occasion de ce proc\u00e8s que l&rsquo;abb\u00e9 Legendre se trouva en relation suivies avec le grand Corneille. Il para\u00eet m\u00eame av\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;auteur du Cid vient passer plusieurs \u00e9t\u00e9s au presbyt\u00e8re d&rsquo;H\u00e9nouville, o\u00f9 la vue des vastes coteaux bois\u00e9s et des superbes contours du fleuve qui coule \u00e0 leurs pieds ne pouvait manquer d&rsquo;inspirer sa m\u00e2le et robuste imagination. <\/p>\n<p>Qu&rsquo;il soit permis au modeste \u00e9crivain de cette \u00e9tude, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces grands souvenirs plein d&rsquo;enseignement de citer pour terminer son travail , un gracieux sonnet de circonstance d\u00fb \u00e0 la muse d&rsquo;un jeune po\u00e8te que des liens de parent\u00e9 lui rendent cher. <\/p>\n<p><strong>Paysage Normand<\/strong><\/p>\n<p>Hier, c&rsquo;\u00e9tait dimanche, aux rives de la Seine<br \/>\nPar un beau soleil qu&rsquo;Avril rendait pur et vermeil<br \/>\nDu printemps jeune et frais saluant le r\u00e9veil<br \/>\nJe suivais lentement les sentiers de la plaine.<\/p>\n<p>Le z\u00e9phyr caressait l&rsquo;herbe de son haleine<br \/>\nLes boutons d&rsquo;or riaient aux clart\u00e9s du soleil<br \/>\nSous le bois encor nu, mais sortant du sommeil<br \/>\nL&rsquo;humble belle de jour se balan\u00e7ait sereine.<\/p>\n<p>Pensif, je contemplais ce pays enchanteur<br \/>\nM\u00e9lange harmonieux de gr\u00e2ce et de grandeur<br \/>\nDu ch\u00eane des coteaux aux saules de la gr\u00e8ve.<\/p>\n<p>Et pendant que mon oeil errait au loin distrait<br \/>\nJe croyais entrevoir, passant comme en un r\u00eave<br \/>\nL&rsquo;ombre du grand Corneille \u00e0 travers la for\u00eat.<\/p>\n<p><em>Fait \u00e0 H\u00e9nouville le 7 F\u00e9vrier 1887<br \/>\nl&rsquo;instituteur<br \/>\nLEMARCHAND<\/em><\/p>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/images\/marchand2.jpg\" alt=\"\" \/><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Texte de 1887 r\u00e9dig\u00e9 par M. Lemarchand, instituteur.) Notice sur la commune d&rsquo;H\u00e9nouville, au point de vue de l&rsquo;enseignement primaire. Aucune \u00e9tude peut-\u00eatre au XIX\u00e8me si\u00e8cle n&rsquo;a fait autant de progr\u00e8s ni jet\u00e9 un \u00e9clat aussi vif que celle de l&rsquo;Histoire. 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