{"id":23,"date":"2005-05-15T20:07:13","date_gmt":"2005-05-15T18:07:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/?p=23"},"modified":"2019-05-31T10:16:47","modified_gmt":"2019-05-31T08:16:47","slug":"loeuvre-de-labbe-legendre-cure-dhenouville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eren.lautre.net\/henouville\/?p=23","title":{"rendered":"L&rsquo;oeuvre de l&rsquo;abb\u00e9 Legendre, cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville"},"content":{"rendered":"<p>Article paru dans H\u00e9nouville Contact, janvier 1999.<br \/>\nVoir aussi : A. Serander, \u00ab\u00a0Zur Autorschaft des Obstbuchs von Antoine Legendre (1652)\u00a0\u00bb, <a href=\"http:\/\/historischegaerten.de\/Gartenbaubuecherei\/Zandera.html\">Zandera<\/a>, 19 (2004) Nr 2, Berlin.<\/p>\n<p>L\u2019\u0152UVRE DE L\u2019ABBE LEGENDRE REMISE EN QUESTION !<br \/>\nLes H\u00e9nouvillais ne sont pas sans savoir que leur village compta un cur\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre en la personne de l\u2019abb\u00e9 Legendre.<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1590 au Vaudreuil, Antoine Legendre, aum\u00f4nier du roi Louis XIII, contr\u00f4leur des jardins fruitiers de sa Majest\u00e9, fut en effet cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville de 1622 \u00e0 1659.<\/p>\n<p>Il est connu pour avoir \u00e9t\u00e9 le premier, au moins en Normandie, \u00e0 indiquer la mani\u00e8re de cultiver les arbres fruitiers en espalier. C&rsquo;est lui qui mis en vogue \u00e9galement la fa\u00e7on de greffer les poiriers sur les cognassiers. On sait \u00e9galement qu\u2019il se lia d\u2019amiti\u00e9 avec un des Corneille (cf. H\u00e9nouville Contact, n\u00b024, janvier 1998).<\/p>\n<p>L&rsquo;abb\u00e9 Legendre a \u00e9crit sur ce sujet un livre qui a fait longtemps r\u00e9f\u00e9rence : la Mani\u00e8re de cultiver les arbres fruitiers. Cet ouvrage, fut publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1652 \u00e0 Paris, chez Antoine Vitr\u00e9. Il fut suivi d&rsquo;une contrefa\u00e7on (\u00e0 Rouen, chez Jacques H\u00e9rault, 1662) et plusieurs r\u00e9\u00e9ditions : Paris, Vitr\u00e9, 1658; Paris, P\u00e9pingu\u00e9, 1662; Rouen, Maillard, 1664; Paris, 1665; Paris, de Beaujeu, 1672, et Charles de Sercy, 1676; Bourg, Joseph Leroux, 1689; Lyon, Jacques Lyons, 1689 et Rouen, du Mesnil, 1701. Il eut m\u00eame l&rsquo;honneur d&rsquo;une traduction anglaise. Une r\u00e9impression fac-simil\u00e9 fut encore faite \u00e0 Rouen en 1879 par l&rsquo;imprimerie de L\u00e9on Deshays. Dans les sept premi\u00e8res \u00e9ditions, l&rsquo;ouvrage connu de notables augmentations, telle qu&rsquo;une liste descriptive de tous les fruits de table existant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\nDans son ouvrage, l&rsquo;abb\u00e9 nous parle de son go\u00fbt qu&rsquo;il avait d\u00e8s son enfance pour la culture des arbres fruitiers. Sa curiosit\u00e9 l&rsquo;incitait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 \u00ab\u00a0aller voir tous les jardins qui estoient en r\u00e9putation\u00a0\u00bb. Il ajoute dans sa pr\u00e9face, critique envers les jardiniers de son \u00e9poque :<br \/>\n\u00ab\u00a0Ceux qui se mesloient d&rsquo;en planter (des arbres) le long des murailles les mettaient avec la m\u00eame confusion que s&rsquo;ils eussent plant\u00e9 des hayes d&rsquo;espine, et quand ils commencoient \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever, les uns les tondoient avec le croissant comme on tond les palissades de charmes, les autres les laissoient venir en libert\u00e9, en sorte que le feste exc\u00e9dant incontinent la muraille, il n&rsquo;y avoit plus que le tronc qui fust \u00e0 l&rsquo;abry, et toutes les branches qui rapportent le fruit n&rsquo;en recevoient aucun avantage.\u00a0\u00bb<br \/>\nIl explique dans son livre, dans un style simple et didactique, tout ce qui est essentiel pour la culture des arbres fruitiers : plantage, multiplication, culture en p\u00e9pini\u00e8re, pr\u00e9paration du sol, choix des vari\u00e9t\u00e9s destin\u00e9es \u00e0 recevoir la greffe,&#8230; Dans la partie consacr\u00e9e \u00e0 la conduite des arbres en espalier, il recommande comme essentielles les op\u00e9rations du pincement et traite de l&rsquo;\u00e9bourgeonnement, de la torsion et du palissage.<br \/>\nLe lecteur notera que le sujet essentiel de l\u2019ouvrage est la culture des poires et que l\u2019auteur n\u2019y parle aucunement de la culture des coings&#8230;<\/p>\n<p>En 1993, un choc pour les H\u00e9nouvillais : le fameux livre est r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans la collection de la R\u00e9union des Mus\u00e9es Nationaux diffus\u00e9e par Seuil mais cette fois-ci sous le nom de Robert Arnauld d\u2019Andilly !<\/p>\n<p>Quelles sont les raisons de cette nouvelle attribution ?<br \/>\nEn 1677, un jardinier du nom d\u2019Aristote, avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit dans son Trait\u00e9 de jardinage que Legendre \u00e9tait un nom d\u2019emprunt et que le livre avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par l\u2019abb\u00e9 de Pont-Ch\u00e2teau. Ce dernier \u00e9tant \u00e2g\u00e9 de 18 ans au moment de la publication, cette affirmation est peu cr\u00e9dible.<br \/>\nPuis, Jean-Baptiste de la Quintynie, arboriculteur renomm\u00e9 en son temps, \u00e9crivit dans la pr\u00e9face de son Instruction sur les jardins que nous \u00e9tions redevables \u00ab \u00e0 quelques personnes de qualit\u00e9 \u00e9minente, qui sous le nom et sur les M\u00e9moires du fameux cur\u00e9 d\u2019Enonville, a si poliment \u00e9crit de la culture des arbres fruitiers \u00bb, mais ne nomma personne. On proposa par la suite les noms de Guillaume de Lamoignon (1617-1677) et Olivier Lefebvre d\u2019Ormesson (1610-1686). Enfin, dans l\u2019\u00e9dition de 1716 de l\u2019ouvrage de La Quintynie, une note de l\u2019\u00e9diteur Michel David avan\u00e7a sans preuve le nom du jans\u00e9niste de Port-Royal, Arnauld d\u2019Andilly. Cette all\u00e9gation avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9fut\u00e9e par Pr\u00e9vost en 1848 dans une Notice sur le trait\u00e9 d&rsquo;arboriculture publi\u00e9 en 1652 par l&rsquo;abb\u00e9 Legendre, cur\u00e9 d&rsquo;H\u00e9nouville et par P. Le Verdier dans un article paru dans Normannia intitul\u00e9 Antoine Le Gendre et son trait\u00e9: La mani\u00e8re de cultiver les arbres fruitiers.<br \/>\nLes auteurs de la r\u00e9\u00e9dition de 1993 argumentent cette th\u00e8se en soulignant la politesse de langage de l\u2019auteur, la clart\u00e9 de la d\u00e9monstration, la nomenclature des fruits et la date de la publication.<\/p>\n<p>Robert Arnauld d&rsquo;Andilly<\/p>\n<p>On peut citer en faveur de l\u2019abb\u00e9 Legendre que dans l\u2019\u00e9dition de 1676, le trait\u00e9 est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une \u00e9p\u00eetre sign\u00e9e \u00ab Le Gendre, cur\u00e9 d\u2019H\u00e9nonville \u00bb. L\u2019auteur y exprime son respect et sa reconnaissance \u00e0 Jean-Louis de Faucon, pr\u00e9sident du Parlement de Normandie et lui d\u00e9die son ouvrage. Il \u00e9crit : \u00ab Je vous dois tout ce que je suis, et cet honneste loisir qui m\u2019a donn\u00e9 le moyen de m\u2019instruire en la science de cultiver les arbres. \u00bb. Plus loin, il ajoute : \u00ab Pour moy, je ne puis parler que de nos espaliers, et des bien-faits que j\u2019ay receus de vostre main&#8230; Voil\u00e0 ce que ce livre publiera par tout o\u00f9 la fortune le voudra conduire. C\u2019est un enfant que j\u2019oze maintenant vous pr\u00e9senter, jusqu\u2019icy il n\u2019a paru qu\u2019en tremblant, et ne s\u2019est montr\u00e9 au monde que pour scavoir si tout le monde le jugeoit digne de vous. Aujourd\u2019huy qu\u2019il a trouv\u00e9 parmy les honnestes gens plus d\u2019approbation qu\u2019il n\u2019esperoit, je vous le donne tout entier et sans r\u00e9serve. \u00bb<br \/>\nOn notera que, en parlant des avenues de h\u00eatres et de ch\u00eanes, l\u2019auteur fait r\u00e9f\u00e9rence au Pays de Caux. Il dit \u00e9galement avoir une exp\u00e9rience de pr\u00e8s de 50 ans : Antoine Legendre, n\u00e9 dans un village rural puis cur\u00e9 de campagne pendant plus de 30 ans, a certainement plus d\u2019exp\u00e9rience que Arnauld d\u2019Andilly retir\u00e9 \u00e0 l\u2019abbaye de Port-Royal en 1646 apr\u00e8s une carri\u00e8re dans le droit.<br \/>\nPour ce qui est du style, il peut tr\u00e8s bien \u00eatre celui d\u2019un pr\u00eatre cultiv\u00e9, aum\u00f4nier du roi et contr\u00f4leur de ses jardins, et ami des Corneille. Quant \u00e0 la date de la publication, elle n\u2019est pas un argument, Antoine Legendre (1590-1665) et Robert Arnauld d\u2019Andilly (1589-1674) n\u2019ayant qu\u2019un an d\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p>Tous ces arguments sont donc tr\u00e8s discutables et en l\u2019absence de preuves ou du manuscrit original, il semble un peu audacieux d\u2019attribuer l\u2019ouvrage \u00e0 Arnauld d\u2019Andilly.<\/p>\n<p>C\u2019est en tout cas bien l\u2019\u0153uvre de \u00ab l\u2019abb\u00e9 Legendre \u00bb qui fit l&rsquo;objet d&rsquo;une conf\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des Sciences en 1952.<\/p>\n<p>Le nom de l&rsquo;abb\u00e9 Legendre a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;un des carr\u00e9s de l&rsquo;ancien potager du roi, devenu par la suite l&rsquo;Ecole nationale sup\u00e9rieure d&rsquo;horticulture de Versailles.<\/p>\n<p>\u00a9 Arnaud SERANDER 1999<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru dans H\u00e9nouville Contact, janvier 1999. Voir aussi : A. Serander, \u00ab\u00a0Zur Autorschaft des Obstbuchs von Antoine Legendre (1652)\u00a0\u00bb, Zandera, 19 (2004) Nr 2, Berlin. L\u2019\u0152UVRE DE L\u2019ABBE LEGENDRE REMISE EN QUESTION ! Les H\u00e9nouvillais ne sont pas sans savoir que leur village compta un cur\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre en la personne de l\u2019abb\u00e9 Legendre. 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