Le camp américain Twenty Grand à St Pierre de Varengeville

Mai 21 2005

Interventions: José Luis Gonzales – Frank Dowell – La Mairie de St Pierre de Varengeville.
Collecte d’informations: Plusieurs groupes de travail.
Rédaction: Arthur S, Quentin J, Kévin G puis Marie, Léna, Iliana.

Les camps cigarettes

Les élèves découvrent les gravures des soldats américains.

En Normandie, pendant la seconde guerre mondiale, les camps cigarettes étaient des camps avec des noms de cigarettes Américaines. Ils servaient de camps intermédiaires (camps qui servaient d’escale aux soldats qui partaient au front ou revenaient).

Il y a 5 camps cigarettes, dont Le Twenty Grand. Le Twenty Grand était situé à St Pierre de Varengeville près d’Hénouville. Les premiers soldats Américains apparurent à l’automne 1944. En novembre 1944, des Américains investissent le château «Le Breton» puis, en décembre 1944, le camp fut mis en place et en premier ! Il comptait 2000 parfois 3000 hommes dont du personnel Français, et mesurait plusieurs dizaines d’hectares.

Richard Cauble

Les élèves du cm2 d’Hénouville et leur instituteur Thierry Coz ont retrouvé un des soldats américains qui avait gravé son nom et son état sur un arbre de l’ancien camp Twenty Grand : Richard Cauble. Continue Reading »

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L’oeuvre de l’abbé Legendre, curé d’Hénouville

Mai 15 2005

Article paru dans Hénouville Contact, janvier 1999.
Voir aussi : A. Serander, « Zur Autorschaft des Obstbuchs von Antoine Legendre (1652) », Zandera, 19 (2004) Nr 2, Berlin.

L’ŒUVRE DE L’ABBE LEGENDRE REMISE EN QUESTION !
Les Hénouvillais ne sont pas sans savoir que leur village compta un curé célèbre en la personne de l’abbé Legendre.

Né en 1590 au Vaudreuil, Antoine Legendre, aumônier du roi Louis XIII, contrôleur des jardins fruitiers de sa Majesté, fut en effet curé d’Hénouville de 1622 à 1659.

Il est connu pour avoir été le premier, au moins en Normandie, à indiquer la manière de cultiver les arbres fruitiers en espalier. C’est lui qui mis en vogue également la façon de greffer les poiriers sur les cognassiers. On sait également qu’il se lia d’amitié avec un des Corneille (cf. Hénouville Contact, n°24, janvier 1998).

L’abbé Legendre a écrit sur ce sujet un livre qui a fait longtemps référence : la Manière de cultiver les arbres fruitiers. Cet ouvrage, fut publié pour la première fois en 1652 à Paris, chez Antoine Vitré. Il fut suivi d’une contrefaçon (à Rouen, chez Jacques Hérault, 1662) et plusieurs rééditions : Paris, Vitré, 1658; Paris, Pépingué, 1662; Rouen, Maillard, 1664; Paris, 1665; Paris, de Beaujeu, 1672, et Charles de Sercy, 1676; Bourg, Joseph Leroux, 1689; Lyon, Jacques Lyons, 1689 et Rouen, du Mesnil, 1701. Il eut même l’honneur d’une traduction anglaise. Une réimpression fac-similé fut encore faite à Rouen en 1879 par l’imprimerie de Léon Deshays. Dans les sept premières éditions, l’ouvrage connu de notables augmentations, telle qu’une liste descriptive de tous les fruits de table existant à l’époque.
Dans son ouvrage, l’abbé nous parle de son goût qu’il avait dès son enfance pour la culture des arbres fruitiers. Sa curiosité l’incitait déjà à « aller voir tous les jardins qui estoient en réputation ». Il ajoute dans sa préface, critique envers les jardiniers de son époque :
« Ceux qui se mesloient d’en planter (des arbres) le long des murailles les mettaient avec la même confusion que s’ils eussent planté des hayes d’espine, et quand ils commencoient à s’élever, les uns les tondoient avec le croissant comme on tond les palissades de charmes, les autres les laissoient venir en liberté, en sorte que le feste excédant incontinent la muraille, il n’y avoit plus que le tronc qui fust à l’abry, et toutes les branches qui rapportent le fruit n’en recevoient aucun avantage. »
Il explique dans son livre, dans un style simple et didactique, tout ce qui est essentiel pour la culture des arbres fruitiers : plantage, multiplication, culture en pépinière, préparation du sol, choix des variétés destinées à recevoir la greffe,… Dans la partie consacrée à la conduite des arbres en espalier, il recommande comme essentielles les opérations du pincement et traite de l’ébourgeonnement, de la torsion et du palissage.
Le lecteur notera que le sujet essentiel de l’ouvrage est la culture des poires et que l’auteur n’y parle aucunement de la culture des coings…

En 1993, un choc pour les Hénouvillais : le fameux livre est réédité dans la collection de la Réunion des Musées Nationaux diffusée par Seuil mais cette fois-ci sous le nom de Robert Arnauld d’Andilly !

Quelles sont les raisons de cette nouvelle attribution ?
En 1677, un jardinier du nom d’Aristote, avait déjà écrit dans son Traité de jardinage que Legendre était un nom d’emprunt et que le livre avait été écrit par l’abbé de Pont-Château. Ce dernier étant âgé de 18 ans au moment de la publication, cette affirmation est peu crédible.
Puis, Jean-Baptiste de la Quintynie, arboriculteur renommé en son temps, écrivit dans la préface de son Instruction sur les jardins que nous étions redevables « à quelques personnes de qualité éminente, qui sous le nom et sur les Mémoires du fameux curé d’Enonville, a si poliment écrit de la culture des arbres fruitiers », mais ne nomma personne. On proposa par la suite les noms de Guillaume de Lamoignon (1617-1677) et Olivier Lefebvre d’Ormesson (1610-1686). Enfin, dans l’édition de 1716 de l’ouvrage de La Quintynie, une note de l’éditeur Michel David avança sans preuve le nom du janséniste de Port-Royal, Arnauld d’Andilly. Cette allégation avait déjà été réfutée par Prévost en 1848 dans une Notice sur le traité d’arboriculture publié en 1652 par l’abbé Legendre, curé d’Hénouville et par P. Le Verdier dans un article paru dans Normannia intitulé Antoine Le Gendre et son traité: La manière de cultiver les arbres fruitiers.
Les auteurs de la réédition de 1993 argumentent cette thèse en soulignant la politesse de langage de l’auteur, la clarté de la démonstration, la nomenclature des fruits et la date de la publication.

Robert Arnauld d’Andilly

On peut citer en faveur de l’abbé Legendre que dans l’édition de 1676, le traité est précédé d’une épître signée « Le Gendre, curé d’Hénonville ». L’auteur y exprime son respect et sa reconnaissance à Jean-Louis de Faucon, président du Parlement de Normandie et lui dédie son ouvrage. Il écrit : « Je vous dois tout ce que je suis, et cet honneste loisir qui m’a donné le moyen de m’instruire en la science de cultiver les arbres. ». Plus loin, il ajoute : « Pour moy, je ne puis parler que de nos espaliers, et des bien-faits que j’ay receus de vostre main… Voilà ce que ce livre publiera par tout où la fortune le voudra conduire. C’est un enfant que j’oze maintenant vous présenter, jusqu’icy il n’a paru qu’en tremblant, et ne s’est montré au monde que pour scavoir si tout le monde le jugeoit digne de vous. Aujourd’huy qu’il a trouvé parmy les honnestes gens plus d’approbation qu’il n’esperoit, je vous le donne tout entier et sans réserve. »
On notera que, en parlant des avenues de hêtres et de chênes, l’auteur fait référence au Pays de Caux. Il dit également avoir une expérience de près de 50 ans : Antoine Legendre, né dans un village rural puis curé de campagne pendant plus de 30 ans, a certainement plus d’expérience que Arnauld d’Andilly retiré à l’abbaye de Port-Royal en 1646 après une carrière dans le droit.
Pour ce qui est du style, il peut très bien être celui d’un prêtre cultivé, aumônier du roi et contrôleur de ses jardins, et ami des Corneille. Quant à la date de la publication, elle n’est pas un argument, Antoine Legendre (1590-1665) et Robert Arnauld d’Andilly (1589-1674) n’ayant qu’un an d’écart.

Tous ces arguments sont donc très discutables et en l’absence de preuves ou du manuscrit original, il semble un peu audacieux d’attribuer l’ouvrage à Arnauld d’Andilly.

C’est en tout cas bien l’œuvre de « l’abbé Legendre » qui fit l’objet d’une conférence à l’Académie des Sciences en 1952.

Le nom de l’abbé Legendre a été donné à l’un des carrés de l’ancien potager du roi, devenu par la suite l’Ecole nationale supérieure d’horticulture de Versailles.

© Arnaud SERANDER 1999

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Le château du Bellay

Mai 07 2005

Groupes de travail
Interventions: M Pecot.
Document: Extraits de « Le château du Bellay » de Dagnet & Laquerrière
Collecte d’informations: le cm2 d’Hénouville
Rédaction: Marielle et Margaux

Les origines
Le nom de Bellay vient du nom du fief « Le bel Hest » dû à un hêtre sûrement magnifique.

Le château du Bellay fut construit pour M. Jean du Resnel en 1630. Avant la révolution, Hénouville était partagé en plusieurs fiefs. Sur le plateau, il y avait le fief du Hamel et le fief du Bellay. Le château du Bellay était une résidence secondaire. Malgré les appels de l’Abbé Faye, curé d’Hénouville, et le soutien de la Société des Amis des Monuments Rouennais, le château fut détruit en 1901 (il était à l’abandon) par l’entrepreneur M.Pigache.

Ruines du chateau

Quelques habitants du château
Le premier seigneur du Bellay était Jean du Resnel, conseiller du Roi et contrôleur des finances dans la Généralité de Rouen. Il était le grand–oncle de l’Abbé du Resnel. Cet Abbé s’appelait Jean-François du Resnel il était l’Abbé de Notre Dame des Sept Fontaines, membre de l’Académie Française. Jean-François du Resnel fut sûrement le plus célèbre propriétaire du château. Il était né en 1792 à Rouen et mourut en 1761 à Paris.

M. Pecot y habite maintenant. M. Pecot a acheté la propriété pour en faire une ferme. Il vit dans la maison l’intendant du château .

L’architecture

Le château du Bellay était construit en argile (extraite et cuite sur place) et en silex (extrait des carrières d’Hénouville dont il reste des traces). Le mur actuel de la propriété n’est sûrement pas d’origine : la route de Montigny passe sur l’ancienne propriété. La chapelle Saint-Jean, chapelle du château, devait se trouver à l’emplacement actuel du carrefour du Bellay.

L’intérieur du château

A l’intérieur, le château était décoré avec beaucoup de goût. Les fenêtres avaient des petits carreaux, et le sol était coloré avec du carrelage aux couleurs vives. Aussi l’escalier avait un style particulier à la Normandie, avec ses larges piliers surmonté de potiches. Les paliers et le dessus des marches étaient en petits pavés verts recouvert d’un vernis très brillant. Les portes de communications étaient taillées en plein bois. Dans un des cabinets du rez-de-chaussée, des lambris en bois finement sculpté étaient très beaux.

carreaux de pavement

Montage de carreaux de pavement provenant du château du Bellay et actuellement au musée national de la Renaissance, Château d’Ecouen
Photo de la Réunion des Musées Nationaux.

Le château du Hamel
Le château du Hamel était, avant la révolution, le deuxième château seigneurial d’Hénouville le haut. Il n’en reste qu’un colombier qui est tombé en ruine ces dernières années.

Au 18ème siècle, il appartenait à la famille Richomme. Jean-Louis Richomme, écuyer, était Conseiller au Parlement de Normandie.

chateau du Hamel

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Une histoire scolaire d’Hénouville.

Mai 05 2005

(Texte de 1887 rédigé par M. Lemarchand, instituteur.)

Notice sur la commune d’Hénouville, au point de vue de l’enseignement primaire.

texte de M Lemarchand

Aucune étude peut-être au XIXème siècle n’a fait autant de progrès ni jeté un éclat aussi vif que celle de l’Histoire. Les Thiers, les Augustin Thierry, les Henri Martin, les Louis Blanc, sans compter les autres creusant son vaste champ, l’ont illustré et rempli de leurs incomparables travaux.

Il semble d’abord que ces rudes moissonneurs ont tout recueilli et n’ont rien laissé à glaner derrière eux, pourtant si l’on veut réfléchir, le modeste ouvrier peut encore, à côté, d’eux se créer un rôle que, pour être plus circonscrit n’en a pas moins son utilité relative. Abandonnant les hauts et larges aperçus des siècles, il est bon parfois de fouiller les coins ignorés, d’analyser les chroniques intimes et d’amasser ainsi des documents qui doivent aider la grande histoire synthétique et complète ses enseignements par des détails nouveaux et inédits. C’est dans cet esprit qu’a été entreprise la présente étude sur l’histoire scolaire de la commune d’Hénouville, humble pierre de courtes dimensions jetée dans le vaste édifice historique avec l’espoir que sa place, pour être petite, n’en sera pas moins utile à l’oeuvre générale.

Hénouville (Hénoville et Hainoville, c’est à dire le manoir d’Hénou, commune située au bord de la Seine sur des hauteurs de 120 mètres d’altitude fait partie du canton de Duclair; elle mesure 1088 hectares de superficie et au recensement de 1886 accuse une population de 498 habitants, entièrement agricole et desservie au point de vue de l’instruction par une école mixte établie à la mairie.

Le plus ancien document qui ait survécu sur les origines de cette école, ou plutôt sur les écoles qui l’ont précédée remonte au règne de François 1er et est renfermée dans les statuts et ordonnances de la confrairie anciennement fondée, érigée en l’église paroissiale de St Michel d’Hénouville, doyenne de St Georges, renouvelée en l’an 1518 le 28 Septembre, sous Georges II d’Amboise. Voici ce qu’il était dit à l’article 15:

« Il est ordonné que le maître sera tenu pendant son année de service, après en avoir conféré avec le curé de faire réparer, si besoin est, aux dépens de la confrairie, la maison d’icelle confrairie qui est proche le cimetière où seront logés le vicaire et le chapelain de la dite paroisse, sans en rien payer, qui tiendront les petites écolles et instruiront les enfants auxquels seront fournis quelques meubles, aux dépens de la dite confrairie, si elle en a le moyen, lesquels meubles leur ayant été baillés pour compte, ils les vendront quand besoin sera. »

De cette ordonnance ressort que c’est la confrairie de St Michel qui prend à sa charge l’enseignement des petites écoles fournissant le logement et les meubles au chapelain et au vicaire qui les instituteurs de l’époque, ceux-ci d’ailleurs n’ayant pour tout salaire en échange de leurs soins aux enfants, que la jouissance gratuite du logement qui portait d’ailleurs le nom de maison vicariale.

Cette situation se poursuit sans changement jusque vers le milieu du XVIIIème siècle époque à laquelle se place un incident des plus intéressants, qui montre une fois de plus combien les rivalités et jalousies d’amour propre ont d’emprise sur les hommes pour empécher le bien de se faire.

Une dame de Barville, touchée des inconvénients qu’occasionne la fréquentation d’une même école simultanément des garçons et des filles, mue d’un autre côté par un sentiment de compassion pour les pauvres malades, prit la résolution de consacrer dix mille livres à l’entretien d’une soeur d’Ernemont qui devait tenir les petites écoles de filles et concourir en même temps au soulagement des malades.

La religieuse fut installée en 1775; son école devient vite prospère et réunit rapidement jusqu’à 80 écolière. Malheureusement cela ne devait pas durer longtemps: la soeur dut partir dès le milieu de l’année suivante par suite de l’opposition de deux seigneurs de la paroisse dont l’un prit la peine de faire déclarer par signification qu’une soeur était très inutile à Hénouville et une source de troubles. Et pour se donner raison, pour réaliser leur prophétiques accusations, ces deux opposants sèment le désaccord dans la paroisse en cherchant des difficultés au vénérable curé d’Hénouville qui est là depuis plus de 20 ans et qui dit, dit la chronique, n’a fait aucune peine à personne.

L’histoire a conservé le nom de ces tyranneaux de village: ce sont MM Richomme, seigneur et haut justicier d’Hénouville, conseiller au parlement de Rouen et de la Granderie, seigneur du Bellay, chevalier de l’ordre militaire royal de St Louis. Mécontents de ce que le Sr Curé a remercié le 15 Juin 1776 son vicaire, leur protégé, ils machinent ensemble le moyen de le mortifier. Le 2 Septembre ils s’assemblent clandestinement chez Me Pichot, avocat, demeurant à Hénouville, dressent une sorte d’écrit qu’ils signent en faveur du vicaire, le portent dans les maisons et le font signer dans le but de se faire des prosélytes et d’indisposer les esprits contre le curé.

Puis M. Richomme, de concert avec le trésorier en exercice fait signifier au Sr Curé le 14 Septembre 1776 de proclamer une assemblée de trésoriers pour décider ce que l’on ferait de la maison vicariale. Par contre le même jour, il fait signifier au vicaire, son protégé, une défense de sortir de la maison vicariale « le tout, dit l’analiste du temps, sans en parler au Sr Curé »

De son côté M. de la Granderie demande la location de la maison vicariale. Après divers incidents où le curé ne manque pas l’occasion d’affirmer le droit de la confrérie sur la maison vicariale qui sert aux petites écoles, droit reconnu par Georges d’Amboise en 1518 et François de Harlay en 1643, la dite maison mise aux enchères le 17 Janvier 1777 reste sans être adjugée. Le curé adresse alors une requète au procueur général pour obtenir qu’il soit ordonné au Sr Hellot trésorier en exercice de remettre les clefs du vicariat aux mains du vicaire du curé « pour y tenir, est-il dit textuellement, les petites écoles comme il est d’usage depuis 250 ans sans interruption ainsi que la jouissance des fruits du cimetière. »

Dans l’intervalle, dès le 8 Décembre 1776 un particulier, sans en parler au curé, avait affiché qu’il tiendrait les petites écoles aux garçons et aux filles et avait ouvert une école. Mais il semble qu’à la suite de tous ces incidents le calme s’étant fait cette entreprise privée ne dût pas continuer et que les petites écoles revinrent comme par le passé aux bons soins des vicaires jusqu’à la révolution.

Il faut pourtant signaler deux ans avant les états généraux le 7 Octobre 1787 la nomination d’un syndic Jean-Martin Duparc qui avec le seigneur et le curé composent l’assemblée municipale. Toutefois il doit leur être adjoint six membres dit l’ordonnance, car la paroisse compte 158 feux. Le 14 Février 1790, en vertu de nouvelles institutions, Thomas Boulenger est élu Maire. Le curé d’alors est un Sr Rousselin, et c’est le vicaire Leroux qui sert de secrétaire et de maître d’école. Il remplit ces fonctions jusqu’au 15 Mars 1793, époque à laquelle il s’enrôle sous les drapeaux pour remplacer un M. Desabyes, fils de veuve, tombé au sort pour le contingent de la commune (1). Mais il ne veut pas renoncer à ses fonctions et le 25 Mars il déclare qu’il n’entend nullement faire la démission de sa place de secrétaire et de maître d’école et que les personnes qui rempliront ces deux emplois n’y seront que par interim.

Ceci se passait sous l’administration de J-M Duparc qui avait à la suite de l’élection de 17792 succédé au maire Boulenger.

Dans la tourmente révolutionnaire, il y a lieu de croire que le vicaire Leroux ne fut pas remplacé et que l’école demeura fermée. Voici d’ailleurs la liste des maires qui ont adminitré la commune depuis cette époque:

1800 Romain Lemarchand
1819 Thomas Leriche
1826 Pierre Boulenger
1830 le Baron de Schonen
1834 Pierre Moulin
1840 Daviel
1848 J. Duparc
1874 J. Letourneur
1884 Jean Darcel

La liste des instituteurs qui devrait accompagner celle des maires est plus difficile à reconstituer. D’après les souvenirs des vieillards de la commune, au sortir de la révolution, ce fut un fabricant de bas d’estame qui se chargea de la réouverture de l’école, il se nommait Pierre Renéville. Il eut pour successeur un ancien douanier du nom de Pinson qui instruisait les enfants jusqu’à ce qu’ils puissent aller à une véritable école (à la Vaupalière ou à Roumare). Après Pinson c’est un instituteur titulaire, M. Hamelin qui prend l’école en 1842 peu de temps avant la construction de la mairie actuelle qui a eu lieu en 1845. M. hamelin resta à Hénouville jusqu’en 1856. Il fut remplacé par M. Martin qui ne demeura qu’un an. M. Langlois nommé en 1857 pour lui succéder instruisit les enfants jusqu’en 1871. Ce fut M. Lemarchand, l’instituteur actuel et le signataire de la présente étude qui fut désigné pour le remplacer.

Il est à remarquer en terminant cette nomenclatureque l’école, malgré la tentative de Mme de B… est demeurée mixte jusqu’à notre époque. Un dernier fait historique à signaler enfin, c’est la construction en 1886 d’une nouvelle salle d’école, toujours attenante à la mairie mais beaucoup plus spacieuse et mieux disposée que l’ancienne due à la générosité de M. Jean Darcel, Maire. Monsieur le Préfet de la Seine Inférieure toujours attentif au progrès de ce qui touche à l’instruction a bien voulu en Octobre dernier compléter l’oeuvre de M. Darcel par une subvention de quatre cents francs pour renouveler et compléter le mobilier scolaire.

Voilà dans tous ses détails connus, l’histoire scolaire de la commune d’Hénouville. A d’autres le soins d’établir son histoire archéologique, religieuse, topographique ou autre. Pourtant il me semble que quelques mots sur les souvenirs littéraires qui se rattachent au pays ne seraient pas déplacés dans une étude sur l’historique de l’instruction. Ils seront d’ailleurs très brefs, ainsi qu’on le comprendra aisément sans pourtant, croyons-nous être dépourvus d’intérêt.

Il convient de citer d’abord le passage à Hénouville du célèbre abbé du Resnel, de l’Académie Française et de l’Académie des Inscriptions, prédicateur, traducteur et rédacteur du Journal des Savants, mort en 1761. Sa famille avait fait bâtir à Hénouville vers 1630 le château du Bellay (aujourd’hui tombant en ruines) que le fameux abbé posséda et vint habiter plus tard.

Un autre habitant d’Hénouville, célèbre par ses charges et ses ouvrages, plus célèbre encore par ses amis fut le curé Legendre Né au Vaudreuil (Eure) en 1590, aumônier de Louis XIII, controleur des ses jardins fruitiers et curé d’Hénouville de 1622 à 1665, il obtint de son royal maître la concession de douze arpents de bois au bord de la forêt de Roumare où il sut établir un vignoble dont on voit encore les traces.

Horticulteur distingué, Antoine Legendre composa à Hénouville un traité sur la culture des arbres fruitiers, aussi rare qu’estimé, publié à Paris en 1652, réimprimé à Paris, à Rouen et à Lyon (5 éditions en 35 ans) et même traduit en anglais. Il y popularisa le premier la culture en espalier et la greffe du poirier sur cognassier.

Un procès que ce curé d’Hénouville eut à soutenir ne fut terminé que grâce à l’intervention de Louis XIII. Ce fut problablement à l’occasion de ce procès que l’abbé Legendre se trouva en relation suivies avec le grand Corneille. Il paraît même avéré que l’auteur du Cid vient passer plusieurs étés au presbytère d’Hénouville, où la vue des vastes coteaux boisés et des superbes contours du fleuve qui coule à leurs pieds ne pouvait manquer d’inspirer sa mâle et robuste imagination.

Qu’il soit permis au modeste écrivain de cette étude, à côté de ces grands souvenirs plein d’enseignement de citer pour terminer son travail , un gracieux sonnet de circonstance dû à la muse d’un jeune poète que des liens de parenté lui rendent cher.

Paysage Normand

Hier, c’était dimanche, aux rives de la Seine
Par un beau soleil qu’Avril rendait pur et vermeil
Du printemps jeune et frais saluant le réveil
Je suivais lentement les sentiers de la plaine.

Le zéphyr caressait l’herbe de son haleine
Les boutons d’or riaient aux clartés du soleil
Sous le bois encor nu, mais sortant du sommeil
L’humble belle de jour se balançait sereine.

Pensif, je contemplais ce pays enchanteur
Mélange harmonieux de grâce et de grandeur
Du chêne des coteaux aux saules de la grève.

Et pendant que mon oeil errait au loin distrait
Je croyais entrevoir, passant comme en un rêve
L’ombre du grand Corneille à travers la forêt.

Fait à Hénouville le 7 Février 1887
l’instituteur
LEMARCHAND

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