La base de lancement de fusées V1

Juin 26 2006 Published by under Pages d'enfants, Patrimoine

Les bases de lancement de fusées V1

Interventions : MM Bocquet, Dobinson, Rabaey, Serander.
Collecte d’informations : élèves du cm2 d’Hénouville.
Rédaction : Arthur, Romain puis Alexandre, Dylan, Grégoire, Manon, Robin, Théo.

V1

Pendant la seconde guerre mondiale, en 1944, les Allemands se servaient de ces bases, construites en Normandie, pour tirer des fusées V1 sur l’Angleterre. Vous pouvez en voir une à la Vaupalière à côté du château du Parquet, une autre à Hénouville, près de la maison du garde-forestier.

Le mot V1 vient de l’allemand « Vergeltungswaffe » qui veut dire « arme de représaille ».

La base de lancement de Hénouville

La base de lancement de Hénouville, était dans la forêt de Roumare à l’endroit qui s’appelle le Robot. Nous sommes allés la voir.

La base était équipée d’un lanceur pour faire partir le V1. On voit bien encore l’atelier de montage, la dalle de réglage, le trou de la rampe, les abris.

On voit très bien deux abris en béton. Ils sont légèrement enfoncé dans la terre. Il y en a un petit et un plus grand. Le troisième abri est plus difficile à trouver. Il se cache sous les ronces, à proximité de la rampe de lancement.

1- Accès à la route.
2- Giratoir pour les camions de livraison.
3- Deux blockaus qui protégeaient le personnel lors des lancements.
4- Cabane de montage.
5- Tranchée de lancement.
6- Plateforme de réglage.

Le V1 était équipé d’un volet qui claquait 47 fois par seconde. Il était construit pour que le bruit effraie les gens lors de son arrivée.



A Londres – Interview de Guy Dobinson
C’est Londres qui était visée par les V1, parce que c’est la capitale de l’Angleterre.

Nous avons reçu des messages de Guy Dobinson, professeur de Français en Angleterre. Nous avons bien aimé ces messages. On regarde les traces d’une autre façon quand on sait que ces fusées tombaient sur des gens.

Guy: – Ca m’intéresse parce que mon grand-père était pompier à Londres à l’époque, et mon père était parmi les enfants évacués.

Romain: -Dites-nous plus sur ce que pouvaient faire les pompiers quand les V1 tombaient ?

– Rien. Quand il y avait une attaque conventionnelle, par avion, il y avait des alarmes avant les explosions, et on cherchait l’abri, surtout dans le métro. On savait aussi que les avions allemands venaient la nuit, parce la RAF controlait le ciel pendant la journée.
Mais les V1 étaient beaucoup plus rapides, ils arrivaient à n’importe quelle heure, de jour ou de nuit, et ils tombaient silencieux. Inutile, alors, d’essayer de se cacher. C’etait avant tout une arme de terreur, parce qu’elle manquait de précision. Contre une grande ville ça marchait, mais inutile de l’envoyer contre une usine, ou un port, par exemple. Les pompiers, alors, ne pouvaient se mettre en place qu’après l’explosion. Autrement, ils devaient anticiper les bombes, et ils se mettaient en place au moment de l’alarme. Leur rôle alors était d’eteindre les incendies, bien sûr, puis de chercher les victimes parmi les dégats. Mon grand-père n’a jamais voulu parler de ce travail, et c’est de ma grand-mère que j’ai appris tout ça.

– Où allaient les enfants qui étaient évacués?

– Ils allaient à la campagne, dans les endroits sans importance stratégique, et ils étaient accueillis par des familles volontaires. Par exemple, mon père a été évacué deux fois, chaque fois dans des villages près de Reading, dans le Berkshire. D’autres se sont retrouvés dans le Nord de l’Angleterre, d’autres (de familles riches) ont été envoyés aussi loin que le Canada et les Etats-Unis.

– Est-ce que les enfants retrouvaient leurs parents après la guerre ?

– Oui, bien sûr, à l’exception des cas où les parents n’aient pas survécu. Mais ça a commencé un phénomène social, que l’on appelle maintenant ‘the M4 corridor’ (‘couloir de l’autoroute M4’), où les londoniens ont commencé à se déménager peu a peu vers l’ouest, à la recherche des appartements et du travail. Mon père n’est jamais rentré vivre à Londres, mais mes grands-parents se sont installés à Reading. Alors l’importance des missiles V1 et V2 a continué longtemps après la fin de la guerre.

Le mémorial d’Ardouval

Nous sommes allés au Val Ygot, au bord de la forêt d’Eawy pour découvrir une base de lancement secrète de V1. Ce sont des messieurs de l’ASSVYA qui nous ont guidés.

schéma

Les V1 arrivaient par train, puis par camion. Ils étaient déchargés par un portique. Les V1 étaient montés dans les blockhaus puis apportés à l’atelier de montage où on montait les ailes. (5,20 mètres d’envergure). Pour faire les V1 il faut trois ateliers: un atelier de montage, un autre pour la préparation et un troisième pour le stockage

Il y avait aussi un abri d’alimentation qui comprend un groupe électrogène, un compresseur et une pompe à eau, et des abris pour le personnel. Des mares cimentées servaient de reserve d’eau. Elle avait une capacité de 100 mètres cubes. Ensuite on réglait la direction des V1 (15° Nord) sur un socle en arc-de-cercle. Un bunker de controle de tir surveillait la préparation et la mise en marche. Il y avait un poids étalon qui servait à tester la fiabilité de la catapulte. A la fin on a vu le V1 qui était monté sur le point de départ. Les V1 n’ont jamais réussi à décoller de la base d’Ardouval. Les anglais la bombardait. Une tranchée est un trou fin creusé en zig zag, où les gens se réfugiaient lors d’une attaque de bombe. Il faut aussi se coucher à terre car il y a moins de chance de se faire toucher. Une statue de Marc Depas représente une femme avec un enfant mort sur ses genoux. Il y a écrit: « hommage aux victimes 1943-1944 ». Ce sont les femmes et les enfants qui étaient touchés et que l’on trouvait morts dans les débris à Londres.

12 responses so far

  • admin dit :

    Un message de Arnaud Serander :
    La base de lancement de V1 fut construite près de la maison forestière d’Hénouville, au lieu-dit  » le Robot  » ou « la Maresogne ». On peut encore y voir la piste bétonnée et quelques bâtiments. Celle-ci, en raison de son orientation, était destinée à bombarder Londres (d’autres pistes étaient dirigées vers Porsmouth, Douvres ou vers les plages du sud de l’Angleterre d’où les allemands pensaient que les troupes alliées allaient embarquer).
    Dans le livre de G. Gromager, Madame Paule Hue évoque  » une allée et venue continuelle de camions transportant ciment et eau qu’ils allaient chercher à la source de la Fontaine.  »
    La base de V1 d’Hénouville a-t-elle vraiment fonctionné?
    D’après un témoignage recueilli par M. Claude-Paul Couture et d’après le livre de l’abbé Dufour et de M. Doré, la base d’Hénouville est la seule du canton a avoir lancé des bombes volantes sur Londres.
    D’après le témoignage de M. Henri Leseigneur que j’ai recueilli en 1993 et d’après M. Lemoigne, ancien instituteur d’Hénouville, dans un article de Paris-Normandie du 18 mai 1984, la base d’Hénouville n’aurait jamais été terminée…
    Sur la base de V1 d’Hénouville :
    Gilbert FROMAGER, Le canton de Duclair 1925-1950, Duclair-Rouen, 1993, p.78.
    Norbert DUFOUR, Christian DORE, L’enfer des V1 en Seine-Maritime durant la seconde guerre mondiale, Editions Bertout, 1993, p.14-15, 129.
    Claude-Paul COUTURE, En Seine-Maritime de 1939 à 1945, Rouen, C.R.D.P.,Rouen,1986, p.56.
    A voir également sur les bases de V1 dans la région :
    Roger CAPRON, Bases secrètes en Haute-Normandie 1943/1944, Editions Bertout, 1989.
    Arnaud Serander
    serander@club-internet.fr

  • POUPEL dit :

    Bravo aux enfants de l’école primaire de Hénouville et à leurs enseignants. La région était couverte de telles bases de lancement. La plus proche aurait été dans le chateau du Parquet qui appartient à la famille Souleau Joffre (l s’agit d’une résidence secondaire) Il y aurait des installations semblables à celles décrites qui auraient été remblayées, recouvertes. De malheureux prisonniers russes auraient été asservis pour les construire. Etes vous allé sur evidenceincamera.uk remarquable site britannique qui rend accessibles toutes les photgraphies aériennes alliées de la seconde guerre mondiale ? Peut-être que des images aériennes de notre commune sont visibles.
    Continuez vos recherches !

  • Frantz SCHMITZ dit :

    bravo pour le travail,ceci est tout à fait interessant et complète la documentation et les infos que je souhaitait avoir. Encore bravo et merci

  • md sztekel maryvonne dit :

    je ne savait pas que ce lieu exitait encore, je pense aller le visiter pour voir ce que les allemends pouvaient faire aux nations

  • COUAILLET dit :

    pouvez me dire ou je pourrai trouver le livre de l’Abbé Norbert Dufour sur les V1.
    Salutations
    A.couaillet.

    • Hubert BOUGON dit :

      Bonjour A.COUAILLET

      Je trouve ta requete : livre de l’abbé Norbert DUFOUR sur les V1

      Peut-être ton père se prénome Thierry
      et ta mère Catherine DEMONCHY

      Si tu est bien leur fils Arnaud, alors çà tombe bien
      ma mère Marguerite Demonchy a un frère Bernard, ton gd-père,
      du chateau de Bellefosse !!! où existe des traces de construction pour une
      rampe de lancement de V1 inachevée

      Et bien si ce livre reste introuvable en librairie ou sur amazone ou autre,
      il est consultable « EN CLAIR » sur « GALLICA-BNF »
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33307810

      Dis-moi si tu trouves ce livre numerisé
      moi je suis entrain de sauvegarder les textes page par page

      un travail de « romain » pour recenser tous ces bases de V1 !!!!

      Je te souhaite de bonnes fetes de fin d’année

      Hubert

  • Fécan dit :

    Bonjour!
    Très bonne initiative !
    Une petite précision sur la destination des V1 partant du Nord de la Manche: contrairement à ce qui est souvent affirmé, les V1 partant de la Manche étaient le plus souvent destinés à bombarder les ports du Sud de l’Angleterre et non Londres.
    Il est heureux que le programme de construction de V1 dans le Cotentin ait été freiné par suite des difficultés de transport ferrés, car ces lancements de V1 étaient de nature à nuire à la réalisation d’OVERLORD. (Sources: rapports du War office et commentaires d’Eisenhower).
    Il en sera fait état dans les prochains jours sur une page web consacrée à la « Résistance et la libération du département de la Manche ».
    .

  • dujardin dit :

    je reviens de normandie et on m’a parlé de la contrée Hénouville et ce site j’y suis passé et rien trouvé personne dans le coin même un agent des postes ne connaissent dommage j’ai perdu mon temps il est vraiement pas normal que cela ne sois pas indiqué ????

  • Bonjour

    je suis très interessé par ces bases V1 allemandes se situant en Normandie ,comme pour l’escadrille Normandie Niemen qui par avion a sauvé des vie Anglaises

    charles Edouard POUPEL
    Evreux

  • bonmartel paul dit :

    Dans Paris-Normandie du 2 sept 1993 j’ai écrit un papier sur les 14 cavernes creusées dens la falaise route du halage Duclair le Mesnils sous Jumièges. Je recherche détails sur la rampe du Trait . Citée par erreur à Ste Marguerite sur Duclair par les historiens.

  • peuleve daniel dit :

    Bonjour
    La rampe de lancement v1 se trouve dans la foret du Trait,en lisière de Sainte Marguerite sur Duclair ,j’y vais dimanche prendre quelques clichés, enfants nous allions y jouer tous les jeudis !!
    Daniel

  • Cochet dit :

    Mesdames, messieurs, les enfants peut-être,
    Notre association organise en août 2016 un Chemin de mémoire entre France et Suisse dans les pas des Résistants, Passeurs et Passés. Je termine le beau livre de Florian Hollard consacré à son père Michel, fondateur et figure de proue du réseau Agir qui permit aux Britanniques avertis par eux de la construction en cours des bases de V1 en Normandie et de l’acheminement de ces armes d’un nouveau type, en pièces détachées par la gare d’Auffray. Les informations du réseau en permirent des bombardements aériens. Votre bel exposé ne fait pas référence au grand homme et à ses camarades. Il est vrai que pour plus de rapidité et d’efficacité, ils choisirent de traiter directement, par Berne, avec les Britanniques, sans passer par le BCRA. Ombre gaulliste s’en suivit.
    Passionné par l’ Histoire de nos pères, je n’apprends qu’à l’âge de 65 ans, cette épopée, célébrée Outre-Manche, mais passée sous silence de ce côté du Channel. M’enfin! Je tenais à vous le dire, mais vous êtes certainement au courant de tout cela.
    Bonne continuation.
    Salut et Fraternité,
    Didier COCHET
    Président de Chemins de Mémoire Sociale

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